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Crédit

Comprendre le TEG et le TAEG : bien comparer ses offres de crédit

Découvrez la différence entre taux nominal et taux effectif global pour évaluer le coût réel d'un crédit immobilier ou de consommation au Maroc.

Rédaction Épargner Maroc Équipe éditoriale
Publié le 5 min de lecture

Lorsqu’on envisage de financer un projet au Maroc, qu’il s’agisse d’un achat immobilier ou d’un crédit à la consommation, l’attention se porte naturellement sur le taux d’intérêt proposé. Pourtant, se fier uniquement au taux d’intérêt affiché en tête de brochure peut conduire à des erreurs d’appréciation significatives.

Pour connaître le coût réel d’un emprunt, un indicateur est fondamental : le Taux Effectif Global (TEG), également appelé Taux Annuel Effectif Global (TAEG). Il permet d’englober tous les frais nécessaires à l’obtention du financement et d’obtenir une vision transparente du montant final engagé.

Taux nominal et taux effectif : deux réalités différentes

Le taux nominal représente uniquement le coût du capital prêté par l’établissement bancaire. C’est le pourcentage appliqué directement au montant que vous empruntez pour calculer les intérêts bruts dus à la banque sur chaque échéance.

Toutefois, souscrire un prêt implique rarement le seul paiement d’intérêts. Un dossier de crédit génère des coûts annexes, administratifs, techniques et assurantiels. Le taux nominal ignore complètement ces éléments. C’est précisément pour cette raison qu’il ne permet pas, à lui seul, de déterminer si un crédit est réellement avantageux.

Le TAEG intègre la totalité des sommes imposées par le prêteur pour vous débloquer les fonds, ramenée sous la forme d’un pourcentage annuel unique du montant emprunté. Il exprime ainsi la cherté globale du crédit pour l’emprunteur.

Ce que contient véritablement le TAEG

Pour comprendre pourquoi le TAEG est quasi systématiquement supérieur au taux nominal, il convient de détailler la liste des frais qui y sont intégrés. Dès lors qu’une dépense est obligatoire pour obtenir le crédit ou pour l’obtenir au taux affiché, elle doit figurer dans le calcul du TAEG.

Voici les composantes principales qui entrent dans cette formule de calcul :

1. Les intérêts bancaires

Il s’agit des intérêts calculés sur la base du taux nominal convenu avec l’établissement prêteur.

2. Les frais de dossier

Il s’agit de la rémunération perçue par la banque pour l’étude, l’instruction et le traitement administratif de votre demande de financement. Ces frais peuvent être forfaitaires ou correspondre à un pourcentage du capital emprunté.

3. Les cotisations d’assurance

Pour un prêt immobilier, l’assurance emprunteur (couvrant généralement les risques de décès et d’invalidité) est exigée par la banque. Dès lors qu’elle est obligatoire pour l’octroi du prêt, ses cotisations mensuelles sont directement intégrées dans le calcul du TAEG.

4. Les frais de garanties et d’expertise

Dans le cadre d’un crédit immobilier, l’établissement exige une garantie (hypothèque ou organisme de cautionnement). Les frais d’inscription d’hypothèque, les honoraires notariés liés à la garantie et les éventuels frais d’expertise du bien immobilier entrent dans le coût global.

5. Les frais de tenue de compte

Si l’établissement bancaire conditionne l’octroi du prêt ou l’application du taux proposé à la domiciliation du revenu ou à l’ouverture d’un compte chez lui, les frais d’entretien ou de tenue de ce compte doivent également être pris en compte.

Pourquoi le taux le plus bas n’est pas toujours le moins cher

Pour illustrer l’importance de cet indicateur, examinons un exemple indicatif d’une simulation de prêt immobilier de 500 000 DH sur une durée de 15 ans.

Imaginons une proposition de la Banque A affichant un taux nominal de 4,50 %. À première vue, cette offre semble très attractive. Cependant, cet établissement applique des frais de dossier élevés et impose un contrat d’assurance dont les cotisations sont très coûteuses. Après calcul de l’ensemble des frais obligatoires, le TAEG de cette proposition ressort à 5,60 %.

En parallèle, la Banque B propose un taux nominal de 4,75 %, soit un taux de base affiché plus élevé. En revanche, elle accorde une exonération des frais de dossier et propose une assurance groupe aux cotisations très modérées. Son TAEG final s’établit à 5,20 %.

Dans le cadre de cette simulation, la proposition de la Banque B est la plus économique pour l’emprunteur, malgré un taux nominal supérieur. Sans l’analyse du TAEG, l’emprunteur aurait pu choisir l’offre de la Banque A en pensant faire une bonne affaire.

Comment comparer efficacement deux propositions de crédit

Pour tirer pleinement parti du TAEG lors de vos démarches de recherche de financement, voici quelques règles pratiques à suivre :

Comparer à conditions strictement égales

La comparaison du TAEG n’a de sens que si les propositions portent sur un montant emprunté identique et une durée de remboursement exactement pareille. Modifier la durée du prêt modifie l’amortissement du capital et rend la comparaison des pourcentages caduque.

Exiger l’offre préalable de prêt

Ne vous contentez pas de simulations informelles ou d’accords de principe oraux. Exigez une offre préalable de prêt ou une fiche d’information standardisée. Ce document officiel récapitule le taux nominal, le TAEG, la mensualité globale et le coût total du crédit exprimé en dirhams (MAD).

Isoler le coût de l’assurance

L’assurance emprunteur représente souvent le poste le plus lourd après les intérêts bancaires. Prenez le temps de comparer les garanties proposées à couverture équivalente.

Garder une vision globale de son budget

Le TAEG est un outil d’aide à la décision incontournable pour comparer la cherté de deux offres de prêt. Néanmoins, il doit s’inscrire dans une démarche budgétaire plus large.

Un crédit présentant un TAEG très compétitif reste une charge financière qui s’étale sur plusieurs années ou décennies. Avant de vous engager, assurez-vous que la mensualité totale (capital, intérêts et assurance compris) demeure en adéquation avec vos revenus récurrents et vous laisse un reste à vivre suffisant pour faire face aux dépenses courantes et aux aléas de la vie.

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